Elle était étrange cette facilité, naturelle cette interaction, agréable cette senteur. Mon cœur savait que tu l’accompagnais, que tu l’aimais. Je ne connaissais pas les mots pour le dire, Je ne sais pourquoi, au fond, j’ai eu tant besoin de toi.
Je t’ai vue pleurer, des doutes, des remords, des blessures et des secrets. Je t’ai vue révoltée, de la bêtise des hommes, de leur duplicité, de leurs mensonges. Je t’ai vue sourire, de la tendresse, de l’affection, et de la douceur et des regards. Je t’ai vue te gagner et te perde, tomber et te relever. Tu cherchais comme tout le monde, te blessais comme tout le monde, doutait comme tout le monde. Comme tout le monde qui ne ressemblait à rien. Tu faisais le métier de toutes les attractions et de toutes les répulsions. Le métier des sombres miroirs qui reflètent tant de vérités. Je t’ai vue revendiquer ta solitude et tes amours, te parler, te raconter un rêve, un avenir, une vie. Les blessures étaient profondes à la mesure d’un chef d’œuvre. Une apparence qui révélait tout et rien. Au cœur des nuits profondes et de l’ennui, il y avait bien au fond un peu de lumière, un peu de vie. J’ai croisé ta quête, ton besoin de sens et de tes désillusions, j’ai croisé mes impuissances et mes défauts. La proximité d’un cœur qui s’ouvre et reste fermé. J’ai confié à l’unique le sens de mes questions. Il m’a répondu une fois, de ton silence naîtra la lumière de tes mots. Je connaissais la musique mais j’ignorais le chemin. J’ai choisi d’écouter et renoncé à voir.
Tout allait bien, et rien n’allait. Je me suis vu pleurer sans raison. Je me suis vu sombrer dans des ténèbres aussi profondes que l’obscurité de la nuit. Je me suis vu sourire, sans aucun plaisir ni envie. Je me suis vu m’acharner sur moi, mes amours. Je me suis vu respirer sans aucun besoin. Mes souvenirs étaient maussades et gris. Mes réflexions s’éloignaient et s’égaraient. Je me fatiguais en imaginant tout et rien. Je souffrais, je ne me nourrissais plus, je m’affaiblissais. L’aube, le silence… Et le temps qui semble s’arrêter, tristement, amèrement.
Le temps est passé, et tant de doutes, de larmes et de silences. Je me parlais tout seul. J’avais tant besoin de m’entendre. Sur les traces de ce passé, mon cœur a eu mal, et ma colère s’est réveillée. Je me suis réconcilié avec lui. Je n’ai pas changé, j’ai évolué. Je m’étais juste perdu, je me suis retrouvé. Une page de ma vie définitivement tournée, que jamais je n’oublierai. C’est certain, le temps est passé.
J’étais assis dans un coin de ta vie. J’avais mille questions. Je t’ai aperçu au point de m’en aller, Je voulais parler, tu disais le silence. Alors je suis resté, assis dans un coin de ta vie, plus loin que celui d’avant, moins dangereux. C’est une véritable épreuve. Le malaise est là, quelque part, et la crainte, sans peur. Les jours passent et confirment. L’hiver approche, dans ce coin de ta vie.
J’ai aimé ne pas savoir t’aimer car j’ai appris à aimer au-delà de cet amour.
J’ai tenté de te haïr sans jamais y parvenir.
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