Indifférence, l’art d’ignorer…

1969L’indifférence est une mesure d’intérêt. La mesure indique « zéro », signifiant l’absence d’intérêt. Ce n’est donc pas un sentiment, c’est plutôt une position. Une position qui indique qu’on est touché. On peut feindre l’indifférence, tenter de paraître indifférent aux yeux des autres. On peut aussi tenter de se persuader qu’on est indifférent. Dans les deux cas, l’effort nécessaire indique qu’il s’agit en fait d’un sujet important. Plus il faut un grand effort pour paraître indifférent, plus on doit en conclure qu’on n’est touché ou intéressé.

Les objets d’une indifférence vis à vis de quelqu’un, ou de quelque chose sont multiples. On distingue  deux extrêmes :

  • Indice de neutralité, absence d’intérêt au sujet.
  • Signe de difficulté à s’avouer ou à assumer l’importance réelle du sujet.

Il n’y a pas de degrés d’indifférence. On l’est ou on ne l’est pas.

De nombreuses personnes adoptent cette position parce qu’elles ne savent pas quelle importance elles ont à leurs yeux, ou parce que l’indifférence et le mépris leur font plus honneur que l’amitié et l’amour. Parfois, cette position peut être un réel obstacle, ralenti, ou nuit à l’évolution d’une éventuelle relation.

Dans un autre contexte, l’indifférence peut aussi être le résultat de quelque chose. Une situation complexe que les circonstances dans le lieu et le temps n’ont pas permis d’expliquer. Une souffrance silencieuse, indignation douloureuse. La fin d’une relation, où la modération est une erreur, et l’indifférence un crime.

Comment se tue en nous l’amour : trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive ainsi à l’indifférence finale.

L’indifférence est le pire de tous les états d’âmes et donne un faux air de supériorité, souvent alimenté par le sentiment d’être désiré. Il ne faut pas céder, Il faut éduquer son âme, s’en tenir plutôt à l’avenir qu’au passé. Le regard indifférent est un perpétuel adieu. Il faut le comprendre ainsi.

L’indifférence est la moitié de la mort. Et le désir la moitié de la vie. Il ne faut pas les rencontrer.


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